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Aider un oiseau en détresse

Souvent, au printemps et en été, on trouve des nids à des emplacements jugés inappropriés (futurs travaux…) , on trouve également des oisillons tombés du nid, ou seuls, calmes ou poussant des cris. En ville, ce sont souvent des merles, car leur apprentissage s’effectue au sol pendant une petite semaine. En hiver, on trouve plutôt des oiseaux affaiblis par le froid qui mourront de faim.

Un nid qui ne va pas pouvoir rester pour cause de travaux

Jusqu’ici sans trop de mouvement sous la porte cochère, la femelle et le mâle merle ont trouvé un emplacement à côté d’une cour végétalisée avec du compostage. Madame a construit le nid grâce aux matériaux apportés par Monsieur. Et Madame a pondu puis couve ses oeufs qui vont éclore dans 15 jours, puis les petits vont être nourris encore 15 à 20 jours puis s’émanciperont au sol en 1 semaine. Globalement il convient que le nid reste au moins 1 mois et 2 semaines. Puis Madame va à nouveau pondre… Or, des travaux sont prévus. Que faire ?

L’idéal, pour respecter la loi, est d’attendre la fin de la saison des nichées fin juillet.

Mais il est parfois nécessaire de commencer les travaux avant (agenda organisé pour une fin des travaux avant les vacances) ; il convient alors de laisser au moins la nichée s’épanouir en attendant que le dernier oisillon ait quitté le nid. Puis on peut tenter de déplacer le nid dans un nichoir à merle installé dans une autre partie du lieu qui ne subira pas de travaux, pour que la femelle ponde ses nouveaux oeufs, si elle veut bien se réinstaller…

Stress, menaces, emploi du temps submergé, les travaux doivent commencer sur l’instant !  C’est alors la moins bonne solution mais in-con-tour-na-ble ! après avoir tenté de multiples dialogues. L’objectif est que le nid ne soit pas détruit, les oeufs ou oisillons surtout pas séparés des parents. Le nid sera déplacé quand les parents ne sont pas là (éviter le stress et les agressions bien normales) mais cela comporte un énorme risque de perte, dûe à la manutention ou l’abandon du nid par les parents. Les conseils sont donnés sur ornithomedia.com pour toutefois tenir les parents au courant de nouvel emplacement mais il est préférable d’en parler à la LPO avant de tenter la manoeuvre ou de contacter l’association Haie de Lionne-Choiseul sur  h.delionnechoiseul@gmail.com .

Un texte de loi qui protège les nids, dont ceux des espèces non-protégées

L’article L424-10 du Code de l’environnement protège les oiseaux en période de reproduction.

« Il est interdit de détruire, d’enlever ou d’endommager intentionnellement les nids et les oeufs dans la nature et de les détenir. Il est interdit de détruire, d’enlever, de vendre, d’acheter et de transporter les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée sous réserve des dispositions relatives aux animaux nuisibles »

Donc même transporter un nid c’est se mettre hors la loi, et le détruire, c’est surtout faire du mal à son bien-être et à celui de ceux qui nous entourent, humains et animaux.

Se demander si l’oiseau est vraiment en détresse

Un principe : les parents sont les meilleurs alliés des oisillons ! Dans le doute, il vaut mieux laisser plus de chance à l’oisillon avec ses parents que de le dénicher et le priver de l’apprentissage parental, malgré toutes les heures passées avec les soigneurs.

C’est l’étape de reflexion la plus importante, car la prise en charge va enclencher la mobilisation de plusieurs acteurs (vous, le soigneur, le vétérinaire, la LPO ou le CORIF, les parents de l’oisillon) pour un résultat qui n’est pas toujours celui recherché (on risque de ne pas retrouver les parents après avoir enlevé le jeune – un bon 1/3 des oisillons accueillis auraient pu rester dans leur milieu, dixit la LPO) ; la réhabilitation de l’oiseau peut prendre de très nombreuss heures de surveillance et occuper la place d’un oisillon qui en avait vraiment besoin, notamment quand il appartient à une espèce en danger. .

Parfois l’oiseau « fait le mort » car il a été happé et déposé par un chat. Il suffit de le poser à terre et de s’éloigner pour qu’il s’envole brusquement.

Un jeune qui ne s’envole pas

Pour les jeunes, comme le merle en attente de s’envoler dans une cour en ville, il convient surtout d’interdire l’accès aux prédateurs (excepté aux autres oiseaux comme les faucons). Sur le principe, les parents sont présents pour détourner l’attention de l’oiseau prédateur.

On peut également le replacer au nid (sauf le merle ou le martinet) en ayant vérifié qu’il n’est pas blessé.

Le document LPO pour se poser les bonnes questions

Réagir vite mais sans  précipitation

Une fois décidé de le prendre en charge, l’idéal est d’aller le faire soigner chez un vétérinaire près de chez soi qui aidera à la prise de décision. En l’absence de vétérinaire à proximité, un centre de soin recensé par région offre également une possibilité de soin, le document ci-dessous de la LPO indique les premiers gestes. Toutefois, le centre ne gardera pas l’oiseau, c’est pour cela qu’il fera ensuite appel à un centre de la LPO.

Le document LPO avec un lien vers le manuel complet oiseau en détresse

En hiver, aménager des mangeoires

Pour l’hiver, notamment en ville, il peut être judicieux d’installer des mangeoires avec de simples boules de graisse à graines, et en profiter pour découvrir les espèces avec l’application de jeux sur smartphone  BirdLab  qui renseigne les scientifiques du Museum National d’Histoire Naturelle sur le comportement des oiseaux.

 

Crédit photographique

Haie de Lionne-Choiseul – By Romate (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons -© Salix / Wikimedia Commons, via Wikimedia Commons